Les bureaux d’études recrutent des chargés d’études et des maîtres d’œuvre spécialisés dans l’aménagement cyclable, un segment porté par les plans vélo successifs et par la commande publique des intercommunalités. Les profils viennent de l’aménagement, du génie civil ou de la géographie des transports, rarement du commerce du cycle.
La filière vélo ne se limite pas à la vente et à la réparation. Derrière chaque piste cyclable réalisée, il y a un diagnostic, un schéma directeur, des comptages, des plans d’exécution et un suivi de chantier. Ce travail est confié à des bureaux d’études qui, faute de candidats formés, peinent régulièrement à pourvoir leurs postes.
Ce que fait concrètement un bureau d’études cyclable #
La mission commence bien avant le tracé. Un schéma directeur cyclable suppose de recenser le réseau existant, de mesurer les flux, d’identifier les coupures urbaines — voies ferrées, rocades, ponts — et de hiérarchiser les liaisons à créer. Viennent ensuite les études de faisabilité, où l’on arbitre entre piste séparée, bande cyclable, voie verte ou chaussée à voie centrale banalisée selon le trafic et la vitesse pratiquée.
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La phase de maîtrise d’œuvre enchaîne les étapes classiques du marché public : avant-projet, projet, dossier de consultation des entreprises, assistance à la passation, visa des plans d’exécution, direction des travaux et réception. Un chargé d’affaires suit souvent quatre à huit opérations en parallèle, avec des réunions de chantier hebdomadaires. La partie technique s’appuie sur les référentiels du Cerema, qui font autorité en matière de largeurs, de rayons de giration, de traitement des carrefours et de jalonnement.
Les profils recherchés #
Trois familles de postes reviennent dans les annonces. Le chargé d’études mobilités traite les diagnostics, les enquêtes de déplacement et les schémas directeurs ; il manipule des données, des SIG et des outils de modélisation. Le projeteur VRD dessine, sur AutoCAD associé à Covadis ou Mensura, les plans de nivellement, d’assainissement et de signalisation horizontale. Le chef de projet ou ingénieur maîtrise d’œuvre pilote l’ensemble, tient le budget et dialogue avec la collectivité.
Les compétences transversales pèsent lourd. Savoir animer une concertation publique face à des riverains hostiles à la suppression de places de stationnement compte autant que la maîtrise d’un logiciel. La connaissance du code de la voirie routière, des règles d’accessibilité et des marchés publics distingue rapidement un candidat sérieux d’un profil purement militant.
Formations et voies d’accès #
Le socle le plus fréquent reste un master en aménagement, urbanisme ou transports, ou un diplôme d’ingénieur travaux publics. Les licences professionnelles en VRD ou en aménagement du territoire alimentent les postes de projeteur et de technicien d’études. Plusieurs écoles proposent des spécialisations en mobilités actives, et le Cerema comme les CNFPT dispensent des modules courts pour les agents déjà en poste.
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Les reconversions existent et fonctionnent, notamment depuis les métiers du dessin technique, de la topographie ou de la conduite de travaux. Elles supposent en revanche une remise à niveau ciblée sur la réglementation cyclable et sur les logiciels métier. Le panorama des formations dédiées à la filière vélo permet de repérer celles qui débouchent réellement sur des postes en bureau d’études plutôt que sur les seuls métiers de l’atelier et de la vente.
Niveaux de rémunération observés #
| Fonction | Niveau d’entrée | Après cinq à huit ans |
|---|---|---|
| Technicien projeteur VRD | 26 000 à 30 000 € bruts | 34 000 à 40 000 € bruts |
| Chargé d’études mobilités | 29 000 à 33 000 € bruts | 38 000 à 45 000 € bruts |
| Chef de projet maîtrise d’œuvre | 34 000 à 38 000 € bruts | 45 000 à 55 000 € bruts |
Ces ordres de grandeur concernent le secteur privé. Dans la fonction publique territoriale, un chargé de mission vélo relève le plus souvent du cadre d’emploi des ingénieurs ou des attachés, avec une rémunération encadrée par les grilles indiciaires et complétée par le régime indemnitaire, très variable d’une collectivité à l’autre. L’écart se compense partiellement par la stabilité et par des horaires plus prévisibles qu’en bureau d’études privé.
Qui recrute #
Trois types d’employeurs se partagent le marché. Les grands groupes d’ingénierie — Egis, Artelia, Setec, Ingérop — traitent les opérations lourdes et les infrastructures structurantes. Les bureaux d’études spécialisés en mobilité, comme Inddigo ou Transitec, concentrent une part importante des études cyclables et forment souvent les jeunes diplômés. Enfin les collectivités elles-mêmes internalisent : métropoles, communautés d’agglomération, départements et régions ont créé des postes de coordonnateur vélo ou de chef de projet mobilités actives, parfois financés dans le cadre des appels à projets nationaux.
La géographie du recrutement suit celle des politiques cyclables. Les métropoles de l’ouest et de l’est, les agglomérations moyennes engagées dans un schéma directeur et les départements qui développent des véloroutes touristiques publient le plus d’annonces. Les zones rurales offrent moins de postes mais une concurrence bien plus faible.
Comment se positionner #
Une candidature crédible montre des réalisations, pas des convictions. Un mémoire de fin d’études sur un plan de circulation, un stage en collectivité, une contribution à une enquête de déplacements ou un portfolio de plans dessinés valent mieux qu’une lettre déclarant une passion pour le vélo. Les recruteurs vérifient également la mobilité géographique et le permis de conduire, indispensables pour les visites de terrain et les réunions de chantier dispersées sur un territoire.