Un drone russe frappe un train Kiev-Varsovie à 2 km de la Pologne : ce que l’on sait

Un drone russe a frappé dimanche matin la locomotive d’un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie, à deux kilomètres seulement de la frontière polonaise. Les 206 passagers sont indemnes, mais l’attaque, survenue aux portes d’un pays membre de l’Otan et de l’Union européenne, a déclenché une vague de réactions à Kiev, à Varsovie et à Bruxelles. Voici ce que l’on sait, ce lundi 14 septembre.

⚡ En bref
  • La frappe a touché la locomotive dimanche 13 septembre au matin, en région de Volhynie (ouest de l’Ukraine), à 2 km de la Pologne
  • 206 passagers à bord, aucune victime : le train est reparti vers Varsovie avec plus de six heures de retard
  • Selon l’opérateur ukrainien, un train transportant des conseillers européens — dont Boris Johnson — venait de passer par le même poste-frontière
  • Varsovie et Kiev dénoncent une provocation ; l’opérateur ferroviaire ukrainien parle d’une « attaque systémique » contre son réseau
2 km
distance entre la frappe et la frontière polonaise
206
passagers à bord, tous indemnes
0
victime recensée par Kiev et Varsovie
+6 h
de retard avant la reprise du trajet vers Varsovie

Ce qui s’est passé dimanche matin #

Dimanche 13 septembre au matin, un drone russe a frappé la locomotive d’un train de voyageurs Kiev-Varsovie près du poste-frontière de Yagodyne, dans la région de Volhynie, à l’extrême ouest de l’Ukraine. Selon les autorités ukrainiennes et polonaises, aucun des 206 passagers n’a été blessé. Après plus de six heures d’immobilisation et les formalités douanières, le train a pu poursuivre sa route vers la capitale polonaise.

L’attaque ne s’est pas limitée au train : un autre drone a endommagé une station-service proche du poste-frontière, toujours côté ukrainien, et une locomotive a été incendiée à Yagodyne même.

« La terreur russe ne fait pas que frapper à la porte, elle est à l’intérieur de la maison. »

— Radoslaw Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, dimanche 13 septembre

Un train de conseillers européens venait de passer #

C’est l’élément qui donne à cet épisode une résonance particulière. Selon l’opérateur ferroviaire ukrainien Ukrzaliznytsia, il est « très probable » que la frappe ait visé un autre convoi : un train qui transportait des conseillers à la sécurité d’États membres de l’UE, parmi lesquels l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, et qui venait de franchir Yagodyne. Un autre train présent au même moment transportait l’ancien directeur de la CIA David Petraeus.

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Depuis la fermeture de l’espace aérien ukrainien aux vols civils, en février 2022, le rail est le seul moyen d’entrer et de sortir d’Ukraine pour les diplomates, les dirigeants étrangers et les millions de voyageurs ordinaires. La ligne Kiev-Varsovie en est l’artère principale — c’est précisément ce qui rend cette frappe si sensible.

« La terreur est à l’intérieur de la maison » : les réactions en chaîne #

Le chef de la diplomatie ukrainienne a dénoncé une terreur russe qui « frappe littéralement à la porte de l’Union européenne et de l’Otan ». Son homologue polonais Radoslaw Sikorski est allé plus loin, et le Premier ministre polonais Donald Tusk a averti que cette escalade pourrait bientôt toucher directement le territoire polonais, membre de l’Otan.

Ukrzaliznytsia décrit de son côté une « attaque systémique » menée à travers tout le pays contre ses infrastructures, avec un centre de surveillance et des équipes placés en alerte de haut niveau. Les frappes russes contre le réseau ferroviaire ukrainien se sont multipliées ces dernières semaines, comme les attaques de drones contre des infrastructures énergétiques — un mode opératoire qui a déjà des répercussions bien au-delà du front, jusque sur les cours mondiaux du pétrole.

Et maintenant ? #

Ni Kiev ni Varsovie n’ont annoncé de suspension de la liaison ferroviaire : le train visé a terminé son trajet, et les circulations se poursuivent. Mais l’incident nourrit un débat déjà vif en Europe sur la protection des infrastructures civiles proches des frontières de l’Otan.

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Cet article s’appuie sur les informations publiées dimanche et lundi par les autorités ukrainiennes et polonaises et les médias qui les ont relayées, dont franceinfo et la RTS. Il sera actualisé si des éléments nouveaux confirmés apparaissent.

🎯 À retenir
Une frappe de drone russe a touché dimanche un train Kiev-Varsovie à 2 km de la Pologne, sans faire de victime parmi les 206 passagers. Kiev estime que la cible probable était un convoi de conseillers européens, dont Boris Johnson, passé peu avant — un épisode qui rapproche encore la guerre des frontières de l’Otan.

Questions fréquentes #

Y a-t-il eu des victimes dans l’attaque du train Kiev-Varsovie ?

Non. Selon les autorités ukrainiennes et polonaises, aucun des 206 passagers n’a été blessé. Seule la locomotive a été touchée, et le train a pu repartir vers Varsovie après plus de six heures d’arrêt.

Pourquoi parle-t-on de Boris Johnson dans cette affaire ?

L’opérateur ferroviaire ukrainien Ukrzaliznytsia juge « très probable » que la frappe visait un autre train, qui transportait des conseillers à la sécurité d’États membres de l’UE, dont l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, et qui venait de passer par le même poste-frontière de Yagodyne.

La Pologne a-t-elle été touchée ?

Non, la frappe a eu lieu côté ukrainien, à environ deux kilomètres de la frontière. Mais Varsovie y voit un signal direct : le Premier ministre Donald Tusk a averti que l’escalade pourrait bientôt concerner le territoire polonais, membre de l’Otan.

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Pourquoi les diplomates voyagent-ils en train vers Kiev ?

L’espace aérien ukrainien est fermé aux vols civils depuis février 2022. Le rail, et notamment la ligne Kiev-Varsovie, est depuis le principal moyen d’entrer et de sortir du pays, pour les responsables étrangers comme pour les voyageurs ordinaires.

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