Un pistolet Luger P06 — le modèle même que les enquêteurs de la tuerie de Chevaline recherchent depuis 2012 — a été retrouvé au fond du lac d’Annecy, et le pôle cold cases de Nanterre a confirmé ce lundi 31 août 2026 que des analyses sont en cours pour déterminer s’il s’agit de l’arme du quadruple meurtre. À ce stade, rien ne prouve que ce pistolet est celui du tireur : les autorités elles-mêmes disent l’ignorer, et les vérifications pourraient prendre plusieurs semaines.
En bref
- Une arme de poing a été repêchée dans le lac d’Annecy ; le pôle cold cases de Nanterre (PCSNE) l’a confirmé lundi 31 août à BFMTV, après une révélation de Marianne.
- Selon Marianne, ce sont des touristes britanniques qui l’ont remontée le 20 août, à moins de deux mètres de profondeur, en la prenant d’abord pour un pistolet à eau.
- Il s’agit d’un Luger P06 : le modèle identifié comme l’arme de la tuerie du 5 septembre 2012, la « seule certitude » d’un dossier toujours non élucidé.
- Les analyses, rendues complexes par l’immersion, pourraient prendre plusieurs semaines ; personne ne sait encore si c’est l’arme du crime.
Une découverte due au hasard, à quelques jours du 14ᵉ anniversaire #
L’information a été révélée lundi après-midi par Marianne, puis confirmée à BFMTV par le pôle cold cases de Nanterre, où l’affaire est instruite. Selon le récit de Marianne, le 20 août dernier, des touristes britanniques qui se baignaient dans le lac d’Annecy ont remonté un objet qu’ils ont d’abord pris pour un pistolet à eau. L’objet gisait à moins de deux mètres de profondeur. C’est son poids qui les a détrompés : il s’agissait d’une arme réelle.
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Le calendrier donne à cette trouvaille un relief particulier : la tuerie de Chevaline a eu lieu le 5 septembre 2012, il y a presque exactement quatorze ans. Et deux jours avant la révélation, le 29 août, Le Dauphiné Libéré écrivait encore, dans une série consacrée aux cold cases, que retrouver l’arme ou des munitions du même lot que celles de la tuerie « pourrait totalement relancer l’enquête ».
Pourquoi le Luger P06 est au cœur de l’énigme #
Dans un dossier où presque tout reste inconnu — l’auteur, le mobile, le lien entre les victimes —, l’arme est décrite par les enquêteurs comme la seule certitude. Les expertises balistiques menées après les faits ont établi qu’un seul pistolet a servi : un P06 de type Luger, calibre 7,65 mm Parabellum, une arme d’ordonnance fournie par l’armée suisse à ses citoyens durant la première moitié du XXᵉ siècle. Le Dauphiné Libéré désigne précisément le variant P06-29, très répandu dans la région et qui circule aujourd’hui surtout dans le milieu fermé des collectionneurs et des tireurs sportifs, en Suisse, en France, en Italie et en Belgique.
Selon 20 Minutes, qui citait une note d’enquête révélée par Le Parisien, 21 balles provenant de la même arme ont été retrouvées sur place, et le tireur a atteint les victimes à dix-sept reprises, en 90 secondes au maximum selon les experts. Un détail matériel a resserré le champ des recherches : un morceau de plaquette de crosse s’est détaché de l’arme pendant les faits. Sur plus de 30 000 exemplaires fabriqués jusqu’en 1950, cet élément a permis de concentrer les recherches sur environ 6 000 pistolets.
C’est précisément le scénario que la justice avait anticipé. Le 16 novembre 2022, la juge d’instruction Sabine Khéris, qui venait de reprendre le dossier au pôle cold cases, adressait une note à tous les services de police et de gendarmerie de France :
« Il y a lieu de signaler à la section de recherches de Chambéry toute procédure de découverte ou de destruction d’arme de poing P06 (type Luger) de calibre 7,65 mm parabellum ainsi que toute découverte de munition de ce calibre. »
— Note de la juge Sabine Khéris du 16 novembre 2022, citée par 20 Minutes d’après Le Parisien
Ce que les analyses peuvent dire — et leurs limites #
Le pistolet repêché est bien un Luger P06, indique le pôle cold cases à BFMTV. Mais entre « le bon modèle » et « l’arme du crime », l’écart reste entier : les trois juges d’instruction en charge du dossier vont faire diligenter les analyses adéquates, et celles-ci s’annoncent complexes, car l’arme a séjourné dans l’eau. Les enquêteurs devront notamment étudier son calibre. Résultat attendu au plus tôt dans plusieurs semaines.
La prudence reste de mise : un Luger P06 retrouvé dans la région n’est pas, en soi, une anomalie — cette arme y est justement décrite comme très répandue. Mais si le calibre et les caractéristiques correspondent, la pièce pourrait relancer une enquête au point mort : une arme retrouvée, c’est potentiellement un numéro de série, un lot de fabrication, une chaîne de propriétaires — le fil que les magistrats du système judiciaire français cherchent depuis quatorze ans.
La tuerie de Chevaline, une énigme criminelle hors norme #
Le 5 septembre 2012, quatre personnes sont tuées par balles sur une route forestière près de Chevaline, en Haute-Savoie, au-dessus du lac d’Annecy : trois membres de la famille al-Hilli, des Britanniques en vacances dans la région, et Sylvain Mollier, un cycliste français qui passait sur les lieux. La fille aînée de la famille, âgée de 7 ans à l’époque, est blessée à l’épaule et frappée à la tête à coups de crosse ; elle survit, tout comme sa petite sœur.
Près de quatorze ans plus tard, malgré une enquête internationale, ni le mobile ni l’identité du tireur ne sont connus. Le dossier a été transféré fin septembre 2022 au pôle cold cases de Nanterre, créé pour reprendre les affaires criminelles non élucidées.
Les dates clés de l’affaire #
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 septembre 2012 | Quadruple meurtre près de Chevaline (Haute-Savoie) : trois membres de la famille al-Hilli et le cycliste Sylvain Mollier |
| Fin septembre 2022 | Le dossier est repris par le pôle cold cases de Nanterre |
| 16 novembre 2022 | Note de la juge Khéris à tous les services : signaler toute découverte d’un Luger P06 en 7,65 mm Parabellum |
| 20 août 2026 | Des touristes britanniques remontent une arme du lac d’Annecy (révélation de Marianne) |
| 31 août 2026 | Le pôle cold cases confirme la découverte d’un Luger P06 ; analyses en cours, résultats sous plusieurs semaines |
Questions fréquentes #
A-t-on retrouvé l’arme de la tuerie de Chevaline ?
On ne le sait pas encore. Une arme du même modèle que celle du crime, un Luger P06, a été repêchée dans le lac d’Annecy, mais les autorités ignorent à ce stade s’il s’agit de l’arme utilisée le 5 septembre 2012. Les analyses, compliquées par l’immersion du pistolet, pourraient prendre plusieurs semaines.
Pourquoi ce modèle de pistolet est-il si important dans l’enquête ?
Le Luger P06 de calibre 7,65 mm Parabellum est la « seule certitude » du dossier : les 21 balles retrouvées sur place proviennent d’une même arme de ce type. Un morceau de plaquette de crosse détaché pendant les faits a permis de resserrer les recherches à environ 6 000 exemplaires, et la justice demandait depuis 2022 que toute découverte d’un P06 soit signalée.
Qui sont les victimes de la tuerie de Chevaline ?
Trois membres de la famille al-Hilli, des Britanniques en vacances en Haute-Savoie, et Sylvain Mollier, un cycliste français, ont été tués le 5 septembre 2012. La fille aînée de la famille, 7 ans à l’époque, a été blessée mais a survécu, ainsi que sa petite sœur. L’auteur et le mobile restent inconnus.
À retenir #
- Un Luger P06, le modèle de l’arme de la tuerie de Chevaline, a été repêché dans le lac d’Annecy ; la découverte remonte au 20 août selon Marianne.
- Le pôle cold cases de Nanterre a confirmé l’information lundi 31 août et fait analyser l’arme ; personne ne sait encore s’il s’agit de l’arme du crime.
- Verdict attendu au plus tôt dans plusieurs semaines — presque quatorze ans jour pour jour après le quadruple meurtre du 5 septembre 2012, toujours non élucidé.
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