Incendie dans les Landes : le feu de Luglon ne progresse plus mais « n’est pas fixé » — le point du 15 août au soir

Le feu de Luglon, dans le nord des Landes, ne progresse plus ce samedi 15 août au soir, mais il « n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être », déclare le préfet Gilles Clavreul en fin de journée (dépêche AFP, 20 h 10). La surface parcourue reste de « 1 580-1 600 hectares » selon ses mots — « on en est toujours là en fin d’après-midi » —, stable depuis le matin malgré 22 sautes de feu traitées dans la journée, principalement le matin. Le communiqué préfectoral écrit de 9 h retient environ 1 580 hectares et arrête le total des évacués à 650 personnes, dont une centaine de l’ouest de Garein dans la nuit. Aucune habitation n’a été touchée à ce stade, mais le foyer proche de Garein reste « le plus virulent, avec des lisières instables » : il reste 30 km de lisières à traiter sur 48. Les RD 327 et RD 14 restent coupées, ainsi qu’une partie de la RD 834 entre Garein et Sabres. Ce sinistre reste distinct du mégafeu de Gironde de juillet : les bilans ne s’additionnent pas.

⚡ En bref — samedi 15 août, le point du soir
  • Statut : le feu ne progresse plus, mais « n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être », déclare le préfet Gilles Clavreul en fin de journée (dépêche AFP, 20 h 10). « On a bon espoir », si les conditions ne se dégradent pas, que « peut-être demain matin, la situation se présentera mieux ». 22 sautes de feu ont été traitées ce samedi, « principalement le matin ».
  • Surface : stable depuis le matin. Le communiqué préfectoral écrit de 9 h retient environ 1 580 hectares, en deux zones distinctes ; au soir, le préfet parle de « 1 580-1 600 hectares » et précise : « on en est toujours là en fin d’après-midi ». L’écart entre les deux valeurs du matin s’explique donc par l’heure du relevé, pas par une progression.
  • Évacuations : 650 personnes au total, chiffre désormais arrêté par écrit par la préfecture (point de 9 h), dont une centaine évacuées de l’ouest de Garein dans la nuit de vendredi à samedi. Consigne explicite : « il est demandé aux personnes évacuées de ne pas tenter de réintégrer leur domicile ». Accueil à Sabres (salle des fêtes et domaine de Landes Vertes), avec cellule d’urgence médico-psychologique.
  • Le foyer proche de Garein est « le plus virulent, avec des lisières instables » (préfet, fin de journée). Il reste 30 km de lisières à traiter sur 48 km au total. À Luglon, des fumerolles par centaines sont traitées à la lance par pompiers et agriculteurs.
  • Routes : pas de réouverture annoncée ce soir. Les RD 327 (nord) et RD 14 (sud) restent coupées, et une partie de la RD 834 reste interdite à la circulation avec déviation en place (communiqué préfectoral de 9 h ; aucune levée signalée depuis).
  • Moyens : 550 sapeurs-pompiers au sol, appuyés par deux Dash, quatre Canadair — qui écopaient l’après-midi toutes les six minutes dans les lacs de la réserve d’Arjuzanx — et le Chinook CH-47D australien avec son hélicoptère de reconnaissance Bell 412. Le préfet a demandé la reconduction des moyens aériens pour dimanche.
  • Aucune habitation touchée au communiqué préfectoral du 15 août à 9 h : « grâce à l’intervention des secours, aucune habitation n’a, à ce stade, été touchée ». Aucun bilan humain n’a été communiqué pour ce sinistre ; nous ne le déduisons pas du silence des sources.
  • Météo : nette baisse des températures (32 °C contre 36 °C vendredi et 40 °C jeudi), mais un vent encore présent en fin de journée. Quelques gouttes de pluie en début de soirée — « il faudrait qu’il pleuve pour de vrai, ça ne suffit pas », tempère un agent sur place cité par l’AFP.
Sources horodatées : communiqué de la préfecture des Landes « point de situation à 9 h » du 15 août ; dépêche AFP du 15 août à 20 h 10 ; France 3 Nouvelle-Aquitaine, 15 août à 11 h 13. Toutes les heures sont données en heure de Paris.
Point de situation publié par la préfecture des Landes le vendredi 14 août à 20 h 33 (1 300 hectares). La préfecture a depuis publié un point écrit le samedi 15 août à 9 h : environ 1 580 hectares et 650 personnes évacuées au total.
🔄 Repères des 13 et 14 août — l’amorce du sinistre
  • 1 100 hectares parcourus au point de situation du vendredi 14 août à 8 heures : 900 hectares pour le foyer initial, à l’ouest de Luglon, et 200 hectares résultant d’une saute de feu qui a déporté l’incendie au sud-est du bourg. Source : préfecture des Landes, relayée en direct par ICI Gascogne.
  • 525 personnes évacuées et 500 sapeurs-pompiers engagés à cette même heure. Les évacuations se sont poursuivies jusqu’à 1 heure du matin.
  • Deux communes concernées : Luglon (environ 350 habitants) et Garein. Selon le préfet des Landes, l’évacuation a visé « quasiment tout le village » de Luglon et « quelques habitants » de Garein.
  • ⚠️ Le feu n’est pas déclaré fixé. Dans un point de situation diffusé vers 8 h 54, la préfecture indique que « la situation est défavorable et le feu reste virulent, en particulier sur la saute de 200 hectares ». La remontée de l’humidité en fin de nuit a permis de le contenir partiellement, sans plus.
  • Aucune habitation touchée par les flammes au relevé de 8 h 06, mais le front se trouvait « à quelques dizaines de mètres » de certaines maisons, traitées en priorité. Aucun bilan humain n’avait été communiqué pour ce sinistre à cette heure — nous ne le déduisons pas des autres feux de l’été.
  • Routes coupées : les RD 327 et RD 14, au nord et au sud de Luglon. La préfecture demande d’éviter le secteur.
  • Hébergements d’urgence : Sabres (salle des fêtes, environ 200 places, et domaine de Landes Verte), Ygos-Saint-Saturnin et Arengosse. Une soixantaine de vacanciers du village vacances de Luglon, situé à 2 km du centre-bourg, ont été évacués à partir de 19 h 30 le 13 août.
  • « Les 15 prochaines heures seront déterminantes », avertit Gilles Clavreul, préfet des Landes, sur ICI Gascogne le 14 août à 8 heures : « ce qui est critique, c’est ce qui va se passer dans l’après-midi puisqu’à nouveau les températures vont monter très fort ».

Le feu de Luglon heure par heure, du 13 au 15 août : une surface révisée à chaque point de situation #

C’est le point sur lequel il faut être précis, parce que les chiffres publiés jeudi soir se contredisent. Une surface d’incendie n’est pas un bilan figé : c’est un relevé, valable à une heure donnée. Voici les relevés successifs, chacun avec son horodatage et sa source, plutôt qu’un chiffre unique qui donnerait une fausse impression de certitude.

  • Jeudi 13 août, vers 15 h 30 — « plusieurs dizaines d’hectares », plus de 70 sapeurs-pompiers et trois avions sur place ; la situation est déjà jugée « défavorable » par la préfecture (Sud Ouest, 15 h 31). En fin d’après-midi, plusieurs rédactions parlent d’« une centaine d’hectares » (Ouest-France, France 3 Nouvelle-Aquitaine).
  • Jeudi 13 août, 20 h 30 — communiqué de la préfecture des Landes : « environ 400 hectares », 280 sapeurs-pompiers, 40 unités feux de forêt, 45 gendarmes, et 8 moyens aériens. Environ 400 habitants en cours d’évacuation préventive. Le centre opérationnel départemental (COD) est activé en préfecture (communiqué « Incendie en cours à Luglon »).
  • Jeudi 13 août, entre 19 h 30 et 20 h 35 — une divergence que nous laissons ouverte : plusieurs médias nationaux annoncent au même moment 600 hectares et 500 évacués (20 Minutes 19 h 31, Le Parisien 20 h 22, BFMTV 20 h 34, Sud Ouest 20 h 08), soit un chiffre supérieur à celui du communiqué préfectoral de 20 h 30. Nous n’avons pas pu établir laquelle des deux sources faisait autorité à cet instant précis ; les deux valeurs ont circulé en parallèle pendant la soirée.
  • Jeudi 13 août, 23 h 30 — point presse du préfet : « l’évolution du feu est encore assez incertaine, puisque ça tournoie beaucoup, le vent change tout le temps ». Le feu « a progressé très vite » dans l’après-midi et « génère sa propre énergie et crée son propre climat ». L’origine du sinistre reste inconnue (propos rapportés par La Dépêche du Midi).
  • Vendredi 14 août, 8 heures — point de situation préfectoral : 1 100 hectares (900 + 200 de saute), 525 évacués, 500 sapeurs-pompiers.
  • Vendredi 14 août, mi-journée — au point relayé à 12 h par ICI Gascogne, la préfecture maintient 1 100 hectares, un feu qui « progresse toujours » et une situation « défavorable » ; à 12 h 27, le président de la DFCI Nouvelle-Aquitaine avance 1 200 hectares sur franceinfo. Les deux chiffres ont circulé en parallèle en début d’après-midi. L’après-midi, avec jusqu’à 38 °C attendus, avait été annoncée comme la période critique.
  • Vendredi 14 août, 17 h 33 — la Sécurité civile parle de 1 200 hectares et d’un feu qui « évolue de manière défavorable » en raison d’une « très forte sécheresse sur le secteur ». Le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole, souligne un « couvert végétal continu : quand on voit les images aériennes, on voit qu’il est sans discontinuité sur des kilomètres » (propos sur franceinfo, relayés par ICI Gascogne).
  • Vendredi 14 août, 19 h — communiqué préfectoral : environ 1 300 hectares en deux zones séparées, 550 sapeurs-pompiers, 51 gendarmes, 550 personnes évacuées de Luglon et des quartiers situés entre Luglon et Garein. Moyens aériens cités : un Chinook CH-47D australien, un hélicoptère de reconnaissance Bell 412 et quatre Canadair. « Aucune habitation n’a été impactée à ce stade » (communiqué « point de situation à 19 h 00 »). Le préfet indique que le feu « progresse un peu » mais que son « intensité diminue légèrement ».
  • Vendredi 14 août, 22 h 42 — nouvelle saute de feu vers Garein : la RD 834 est fermée à la circulation (Sud Ouest). C’est le signal avant-coureur des reprises de la nuit.
  • Samedi 15 août, 8 h 11 – 8 h 34 — le préfet : 1 600 hectares et une centaine d’évacuations supplémentaires à Garein (BFMTV puis ICI Gascogne). Des « reprises de feu importantes » ont été constatées au sud de Garein pendant la nuit. La dépêche AFP diffusée entre 8 h 38 et 8 h 57 retient 1 580 hectares (RFI, Corse-Matin, Orange Actualités) : les deux valeurs circulent en parallèle, nous n’en écartons aucune.
  • Samedi 15 août, 9 h — communiqué préfectoral « point de situation à 9 h » : environ 1 580 hectares en deux zones distinctes, 550 sapeurs-pompiers, 650 personnes évacuées au total depuis le début de l’incendie, dont une centaine de l’ouest de Garein dans la nuit. « Aucune habitation n’a, à ce stade, été touchée », mais l’incendie « demeure particulièrement actif dans le sud-est de la commune de Luglon, à proximité de la commune de Garein ». Une partie de la RD 834 est interdite à la circulation, avec déviation ; consigne aux évacués de ne pas regagner leur domicile (communiqué « point de situation à 9 h »).
  • Samedi 15 août, fin de journée — le préfet : le feu ne progresse plus, mais « n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être ». « On avait eu des sautes relativement importantes cette nuit, qui avaient causé un agrandissement de la surface brûlée à 1 580-1 600 hectares. On en est toujours là en fin d’après-midi. Les 22 sautes qu’on a eues aujourd’hui, on les a eues principalement le matin », détaille Gilles Clavreul. Le foyer proche de Garein reste « le plus virulent, avec des lisières instables » : 30 km de lisières restent à traiter, sur 48 km au total. Le préfet a demandé la reconduction des moyens aériens pour dimanche (dépêche AFP du 15 août à 20 h 10).

Pour donner une échelle concrète : 1 600 hectares, c’est 16 km², soit environ 2 200 terrains de football, ou une fois et demie la superficie de la ville de Pau. C’est considérable pour deux nuits — mais c’est aussi plus de vingt-cinq fois moins que les 42 000 hectares du mégafeu de fin juillet décrit plus bas dans cette page. Le préfet des Landes fait lui-même la comparaison avec l’incendie de Biscarrosse : « au lendemain du premier jour à Biscarrosse, on avait 2 400 hectares brûlés. Là, on est à 1 100 hectares, donc c’est plus petit ».

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Ce qu’est une « saute de feu », et pourquoi elle change tout

Sur les 1 100 hectares relevés le vendredi 14 août au matin, 200 n’étaient déjà pas contigus au foyer principal : ils provenaient d’une saute de feu. Le scénario s’est répété vendredi soir, en direction de Garein. Sous l’effet du vent et de la colonne de convection, des brandons incandescents sont projetés en avant du front et allument un foyer secondaire — ici au sud-est du bourg de Luglon, alors que le foyer initial se trouve à l’ouest. C’est précisément ce qui rend un feu difficile à ceinturer : les pare-feux tracés autour du front principal ne protègent pas d’un départ situé de l’autre côté. C’est aussi la raison pour laquelle la préfecture décrivait encore le feu comme « virulent » vendredi matin alors que la surface principale se stabilisait.

Ce que ça change pour vous ce week-end du 15 août #

Le 15 août est l’un des week-ends les plus chargés de l’été sur la côte landaise. Voici ce qui est vérifié ce samedi 15 août, dernier état contrôlé en soirée — et ce qui ne l’est pas.

  • Le secteur concerné est le nord-est du département, pas le littoral. Luglon et Garein se situent dans le massif forestier intérieur, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Biscarrosse. Aucune coupure de route liée à ce feu n’était signalée sur le littoral ce samedi 15 août au matin : les trois coupures connues (RD 327, RD 14, RD 834) sont toutes à l’intérieur des terres, dans le triangle Luglon–Garein–Sabres. Cela ne veut pas dire qu’il ne s’en produira pas : vérifiez avant de partir.
  • Routes : trois départementales coupées ce samedi, sans réouverture annoncée au soir. La RD 327 (nord de Luglon, vers Sabres) et la RD 14 (sud de Luglon, vers Arengosse) le sont depuis le 13 août. S’y ajoute depuis vendredi soir la RD 834 entre Garein et Sabres, fermée après une saute de feu : la déviation part du giratoire de l’Échassier, au nord de Mont-de-Marsan, et rejoint Sabres par Cère, Brocas et Labrit (préfecture des Landes, relayée le 15 août à 8 h 34). La consigne préfectorale reste d’éviter le secteur pour laisser passer les secours. La chambre d’agriculture a également demandé aux agriculteurs de ne pas se rendre sur place.
  • Hébergements touristiques : seul le village vacances de Luglon, à 2 km du centre-bourg, a été évacué à notre connaissance, avec une soixantaine de vacanciers, à partir de 19 h 30 le 13 août. Nous n’avons pas trouvé de liste officielle d’autres campings évacués.
  • Si vous sentez une odeur de brûlé loin du feu, ne composez pas le 18 par réflexe. Les fumées de Luglon ont dérivé pendant la nuit du 13 au 14 août jusque sur l’Agenais et le Tarn-et-Garonne, saturant le centre de traitement des appels d’urgence du Sdis 47. Les pompiers demandent de n’appeler le 18 ou le 112 qu’en cas de danger manifeste, de découverte d’un feu ou de doute sérieux sur un incendie à proximité. Vendredi à la mi-journée, Atmo Occitanie a par ailleurs annoncé un épisode de pollution de l’air (particules PM10 et PM2,5) dans quatre départements d’Occitanie — Gers, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne et Tarn (La Dépêche du Midi, 14 août, 13 h 52).
  • Le vrai danger du week-end sur la côte landaise n’est pas le feu : ce sont les baïnes. La préfecture des Landes classe les journées des vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 août à risque maximal pour les courants de baïnes sur tout le littoral, dans un appel à la prudence publié le 14 août (communiqué « Appel à la prudence sur le littoral landais »). Baignez-vous dans les zones surveillées, entre les drapeaux. Pour la circulation, bison-fute.gouv.fr publie les prévisions du jour : le chassé-croisé du 15 août est traditionnellement l’un des pics de l’été.
  • Vous cherchez l’information officielle ? Les points de situation écrits sont publiés dans la salle de presse de la préfecture des Landes et sur son compte officiel @Prefecture40. La radio de référence désignée par la préfecture pour ce sinistre est ICI Gascogne. Urgences : 18 ou 112 — mais uniquement en cas de danger avéré ou de départ de feu constaté. Pour une gêne respiratoire : 15.

« Incendie Lot-et-Garonne » : attention à ne pas confondre trois choses

De nombreuses recherches associent en ce moment « incendie » et « Lot-et-Garonne ». Il faut distinguer deux réalités que nous avons pu vérifier, et une troisième que nous n’avons pas pu établir :

  • Il n’y a pas de grand feu de forêt en cours en Lot-et-Garonne. Ce que les habitants de l’Agenais constatent depuis la nuit du 13 au 14 août — odeur âcre, ciel voilé — ce sont les fumées de l’incendie de Luglon, dans les Landes, portées par le vent. Le même scénario s’était produit en juillet avec les feux de Gironde.
  • Le Lot-et-Garonne est en revanche mobilisé comme renfort : une colonne de 13 véhicules et 36 sapeurs-pompiers du Sdis 47 a quitté le département le jeudi 13 août pour prêter main-forte aux Landes. Deux groupes « feux de forêts » du Vaucluse ont également été envoyés.
  • Ce que nous n’avons pas pu vérifier : le niveau exact de vigilance « feux de forêt » en vigueur en Lot-et-Garonne au 14 août, ni l’existence d’un sinistre urbain distinct à Agen ce jour-là. Faute de recoupement, nous ne l’écrivons pas.

Le risque « feux de forêt » du jour ne dit rien du feu en cours

Une confusion fréquente mérite d’être levée, car elle est source de faux espoirs. La Météo des forêts de Météo-France publie chaque jour un niveau de danger par département — faible (vert), modéré (jaune), élevé (orange), très élevé (rouge). Ce niveau est calculé à partir des prévisions météo et de l’état de sécheresse de la végétation. Météo-France le précise noir sur blanc : « la Météo des forêts n’informe pas sur les incendies en cours ou à venir », et « un niveau de danger faible ne signifie pas l’absence de risque d’incendie sur le département ». Un département peut donc afficher un danger modéré tout en accueillant un feu de plus de 1 500 hectares — c’était le cas des Landes le vendredi 14 août, classées en jaune selon la carte du jour. Ne confondez pas non plus avec la vigilance météorologique, qui est un autre dispositif : au bulletin du 15 août à 6 h 03, les Landes sont sorties de la vigilance orange canicule et sont placées en vigilance jaune orages pour la journée. Les restrictions d’accès aux massifs, elles, relèvent des préfectures et des mairies, pas de cette carte.

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Sur le même sujet : nous avions détaillé le fonctionnement des vigilances lors des orages et de la vigilance orange du 3 août 2026, et suivi un autre feu de l’été avec l’incendie de Poussan dans l’Hérault.

Ce que les dépêches ne disent pas : Garein bascule en alerte sécheresse le jour même #

Voici un élément que nous n’avons lu nulle part ce matin et que nous sommes allés chercher à la source, dans la base publique des arrêtés de restriction d’eau de l’État (VigiEau, ministère de la Transition écologique), interrogée le 15 août au matin sur les coordonnées des deux communes concernées :

  • Garein — bassin du Geloux : passage en « alerte » sécheresse pour les eaux superficielles à compter du 15 août 2026, et jusqu’au 31 octobre, au titre de l’arrêté préfectoral « AP Adour 2026-1086 ». Les eaux souterraines du même bassin restent, elles, en « vigilance ». Autrement dit : la commune où le feu a repris cette nuit change de régime de sécheresse le jour même.
  • Luglon — bassin de la Leyre : « vigilance » sur les eaux superficielles comme souterraines, arrêté en vigueur depuis le 27 juin 2026.
  • Eau potable : « vigilance » sur l’ensemble du département, arrêté « AP AEP 2026-961 », du 11 juillet au 31 octobre 2026.

Pourquoi ça compte ? Parce que le niveau de sécheresse n’est pas qu’une affaire d’arrosage de pelouse : c’est l’indicateur administratif le plus proche de l’état réel de la ressource dans le sous-sol landais. Le porte-parole de la Sécurité civile expliquait vendredi que le feu « évolue de manière défavorable » précisément à cause d’une « très forte sécheresse sur le secteur ». Un bassin qui passe en alerte le 15 août, c’est la traduction réglementaire de ce que les pompiers constatent sur le terrain. Ces niveaux sont vérifiables adresse par adresse sur VigiEau.

Le vocabulaire qui trompe : « parcourus » n’est pas « brûlés »

Une précision qui explique pourquoi les bilans finaux sont souvent inférieurs aux estimations communiquées pendant le feu. Les flammes peuvent parcourir une surface sans en brûler la totalité : en sautant d’un massif à l’autre, elles enferment dans leur périmètre des îlots épargnés. Un incendie peut donc avoir « parcouru » dix hectares et n’en avoir « brûlé » que huit (glossaire des sapeurs-pompiers, rappelé par ICI). Les communiqués de la préfecture des Landes écrivent systématiquement « parcouru » : c’est le mot exact, et il ne veut pas dire que 1 600 hectares de forêt sont détruits.

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Le feu « convectif », ou quand l’incendie fabrique sa propre météo

C’est le point technique qui explique tout le reste. Le préfet des Landes a décrit dès le 13 août au soir un feu convectif : « ça tournoie beaucoup, le vent change tout le temps et le feu est convectif, c’est-à-dire qu’il génère sa propre énergie et crée son propre climat. On a eu des sautes très importantes, à deux ou trois kilomètres, très éloignées du feu principal ». Concrètement, la colonne d’air surchauffé monte, se condense en altitude et forme un nuage d’orage de feu — le pyrocumulus — qui aspire l’air au sol dans toutes les directions et projette des brandons incandescents loin devant le front. C’est pour cela qu’un pare-feu tiré au bon endroit ne protège de rien : le feu ne suit plus le vent dominant, il fait son propre vent. C’est exactement ce scénario qui a produit, jeudi, un foyer secondaire de 200 hectares au sud-est du bourg de Luglon, puis, vendredi soir, la saute vers Garein qui a fermé la RD 834 et provoqué les reprises de cette nuit (mécanisme détaillé par Sud Ouest le 14 août).

Le dispositif aérien réellement engagé, et sa contrainte cachée

Sur ce feu ont été mobilisés quatre Canadair (6 000 litres, écopage sur plan d’eau), deux Dash (10 000 litres, ravitaillement au sol sur « pélicandrome »), deux Air Tractor, l’hélicoptère de la Sécurité civile Dragon 33, un Bell 412 de reconnaissance qui retransmet ses images en direct aux équipes au sol, et surtout un Chinook CH-47D prêté par l’Australie, utilisé pour la première fois sur un incendie en France : 11 tonnes d’eau par rotation, remplissage par aspiration en stationnaire en une minute trente au-dessus du lac d’Arjuzanx. Sept largages « à visée expérimentale » vendredi matin, jugés « probants », ont conduit à le réengager l’après-midi. La contrainte que l’on oublie : ces appareils ne volent pas la nuit. Le préfet a lui-même situé la fin de la « nuit aéronautique » vers 21 h 20 vendredi. Entre 21 h 20 et le lever du jour, les 550 pompiers au sol étaient donc seuls — c’est précisément la fenêtre pendant laquelle le feu a repris à Garein.

« Fixé », « maîtrisé », « éteint » : aucun de ces mots ne s’applique ce 15 août

Les trois termes sont employés comme des synonymes par beaucoup de reprises, alors qu’ils décrivent trois états successifs et très différents :

  • « Fixé » : le feu ne progresse plus. Il reste actif sur les flancs, les flammes peuvent être vives et des reprises sont possibles. Ce n’est pas une bonne nouvelle, c’est un palier.
  • « Maîtrisé » : les flammes les plus importantes sont éteintes et les lisières sont sous contrôle des pompiers.
  • « Circonscrit » : après la maîtrise, la zone est cernée en continu par les secours.
  • « Noyé » puis « éteint » : plus aucun point incandescent, plus de braise, plus de fumerolle. Les pompiers peuvent quitter le sinistre. Sous les pins maritimes, où l’humus couve en profondeur, cette étape peut prendre des semaines.

Au soir du 15 août, le préfet tranche lui-même, en creux : « le feu n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être », déclare-t-il à l’AFP en fin de journée, tout en constatant que la progression est enrayée. Autrement dit : le feu ne gagne plus de terrain, mais aucun des quatre statuts opérationnels ci-dessus n’est atteint. Toute publication qui écrirait ce soir que le feu est « fixé » dirait le contraire de ce que dit le préfet (définitions : glossaire des sapeurs-pompiers publié par ICI).

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Ailleurs en France ce 15 août : la Loire-Atlantique, un sinistre totalement distinct

Ne mélangez pas les bilans. Les feux de la presqu’île guérandaise, en Loire-Atlantique, n’ont aucun lien avec l’incendie de Luglon : autre département, autre préfecture, autres chiffres. Les hectares et les évacués des deux événements ne s’additionnent pas.
  • Jeudi 13 août : quinze feux en une seule journée en Loire-Atlantique. Plus de 450 sapeurs-pompiers ont été engagés sur quinze départs, notamment à Guérande, Saint-Lyphard et Pornic (Ouest-France, 13 août à 22 h 01). À signaler, car l’information circule mal : cette rafale de départs date bien du jeudi 13, pas du vendredi 14.
  • Guérande : le feu est déclaré fixé dès le 13 août au soir par la préfecture de Loire-Atlantique (Europe 1 et Sud Ouest, 13 août vers 21 h 50). Parti en début d’après-midi au lieu-dit Clos Joly, près de la zone commerciale de Villejames, il a conduit à évacuer par précaution le camping du Domaine de Léveno. Deux chiffres d’évacuation circulent : « près de 2 000 » personnes le 13 août (ICI, source préfecture), « 2 500 vacanciers » le 14 au soir (Ouest-France, 21 h 28). Nous ne tranchons pas. Tous les campeurs étaient rentrés le vendredi 14 au matin (Ouest-France, 11 h 58). Surface : 16 hectares selon Ouest-France.
  • Saint-Lyphard : trois surfaces différentes ont été publiées, nous les donnons toutes. « Plus de 40 hectares » (Actu.fr, 13 août à 21 h 34), « 45 hectares » (ICI, 14 août à 15 h 18), « au moins 56 hectares » (France 3 Pays de la Loire, 14 août à 10 h 01). Le feu s’est déclaré dans le parc naturel régional de Brière et s’est approché très près des maisons : entre 60 et 80 habitations évacuées selon les points de situation successifs. Le maire parle d’« une situation exceptionnelle que nous découvrons pour la première fois » (Ouest-France, 14 août à 11 h 33).
  • Vendredi 14 août : une reprise « stabilisée mais pas encore fixée » dans l’Ouest (franceinfo, 8 h 13), un nouveau départ de feu à Guérande en fin d’après-midi (Ouest-France, 18 h 15) et une dizaine d’hectares détruits près du Temple-de-Bretagne, avec une centaine de pompiers mobilisés (ICI, 16 h 48).
  • ⚠️ Ce que nous refusons d’écrire : aucun point de situation de la préfecture de Loire-Atlantique daté du samedi 15 août n’était disponible à l’heure de cette mise à jour. Nous ne prolongeons donc pas au 15 les bilans du 14, et nous n’affirmons pas que ces feux sont éteints. Le « fixé » de Guérande vaut pour le feu de Guérande du 13 août, pas pour les autres départs de la presqu’île.
🎯 À retenir — samedi 15 août 2026, le point du soir
Au soir du samedi 15 août, le feu de Luglon ne progresse plus — la surface reste de « 1 580-1 600 hectares », stable depuis le matin — mais il « n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être », déclare le préfet Gilles Clavreul (dépêche AFP, 20 h 10). 22 sautes de feu ont été traitées dans la journée, principalement le matin, et le foyer proche de Garein reste « le plus virulent, avec des lisières instables » : 30 km de lisières sur 48 restent à traiter. Le communiqué préfectoral écrit de 9 h arrête le total des évacués à 650 personnes et confirme qu’aucune habitation n’a été touchée. Les RD 327 et RD 14 restent coupées, ainsi qu’une partie de la RD 834. Aucun bilan humain n’a été communiqué pour ce sinistre. Signe que la sécheresse se durcit : le bassin du Geloux, à Garein, passe en alerte sécheresse le 15 août même. Les feux de la presqu’île de Guérande, en Loire-Atlantique, sont un sinistre distinct : leurs bilans ne s’additionnent pas avec celui de Luglon, ni avec le mégafeu de Gironde de juillet décrit ci-dessous.

L’historique : le mégafeu de Gironde et des Landes de fin juillet 2026 #

À lire comme un historique, pas comme la situation du jour. Tout ce qui suit concerne le mégafeu parti de Saumos le 22 juillet 2026 et son bilan arrêté au 1er août : 42 000 hectares et environ 260 000 évacuations. Ces chiffres ne s’additionnent pas avec ceux du feu de Luglon décrit ci-dessus, qui est un sinistre distinct, survenu trois semaines plus tard et dans un autre secteur du département.

Le mégafeu parti de Saumos le 22 juillet a détruit 42 000 hectares de forêt en Gironde et dans les Landes, et provoqué l’évacuation de quelque 260 000 personnes — la plus vaste opération de ce type organisée en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Après une accalmie les 27 et 28 juillet, l’incendie est décrit comme stable mais loin d’être éteint : les pompiers ont dû traiter quatorze reprises de feu en une seule journée, et une nouvelle vague de chaleur a traversé le Sud-Ouest avant de se déplacer vers le Sud-Est. Ce samedi 1er août, la préfecture n’a toujours pas déclaré le feu fixé, mais 198 000 des quelque 220 000 évacués de Gironde, répartis sur seize communes, ont été autorisés à regagner leur domicile. Voici l’état des lieux, chiffré et daté.

🔄 Mise à jour — samedi 1er août, dernier point de situation préfectoral (31 juillet, 20 h 30)
  • 198 000 personnes sur les plus de 220 000 évacuées en Gironde ont été autorisées à rentrer chez elles, soit seize communes — contre 84 000 habitants et neuf communes la veille au matin. Source : point de situation de la préfecture de la Gironde du vendredi 31 juillet à 20 h 30.
  • ⚠️ Le feu n’est toujours pas fixé. C’est la formulation exacte du communiqué préfectoral, et elle ne dit pas la même chose que le « contenu dans son périmètre » de la veille : la surface reste stable à 42 000 hectares, mais des points chauds actifs subsistent le long du littoral et au sud de Lacanau.
  • Six communes restent évacuées au dernier communiqué : Arès, Lège-Cap-Ferret, Le Porge, Le Temple, Marcheprime et Saumos. À signaler, car les deux informations circulent en parallèle : la préfète a annoncé un retour des habitants d’Arès samedi à 14 h (direct ICI Gironde du 31 juillet), alors que le communiqué de 20 h 30 classe encore la commune parmi les évacuées. Tant que la levée n’est pas confirmée sur place, elle n’est pas acquise.
  • Transports : la circulation ferroviaire au sud de Bordeaux rouvre à partir du 1er août, et l’A63 est rouverte dans les deux sens depuis le 30 juillet (la bretelle n° 23 reste fermée).
  • Les restrictions sont levées pour les manifestations culturelles et sportives situées en dehors des espaces naturels, ainsi que pour les cultures irriguées. L’interdiction générale annoncée fin juillet ne s’applique donc plus partout : vérifiez commune par commune avant d’annuler une sortie.
  • 264 sapeurs-pompiers ont été pris en charge par les services de santé depuis le début du sinistre (à ne pas confondre avec le décompte des blessés cité plus bas, qui ne recouvre pas la même chose). Numéro vert : 09 70 80 90 40 (tapez 1 pour la Gironde). Cellule d’urgence médico-psychologique : 0800 719 912.
  • Vous êtes en vacances sur place ? Nous détaillons ce qui rouvre, ce qui reste interdit et qui rembourse votre location dans notre guide pratique du bassin d’Arcachon au 1er août.
🔄 Mise à jour — jeudi 30 juillet au soir
  • Le feu reste « toujours stabilisé » jeudi, après une « nuit plutôt calme » selon la préfecture de la Gironde : la surface brûlée n’a pas bougé depuis 48 heures (42 000 hectares).
  • La vague de chaleur a quitté le Sud-Ouest : la Gironde et les Landes sont repassées en vigilance verte canicule jeudi à 6 h, avant d’être placées en vigilance jaune orages au bulletin de 16 h — un risque surveillé de près, la foudre pouvant rallumer des lisières encore chaudes. La canicule s’est déplacée vers le Sud-Est : 21 départements restaient en vigilance orange jeudi à 16 h.
  • Dans les Landes, un nouveau départ de feu s’est déclaré entre Rion-des-Landes et Morcenx, mobilisant Dash-8 et Canadair ; la RD27 et la circulation ferroviaire ont été coupées. Il serait parti d’un champ photovoltaïque, une origine encore à confirmer.
  • En Île-de-France, une reprise de feu en forêt de Fontainebleau mercredi soir — la quatrième en 48 heures, environ 6 hectares — a été fixée dans la nuit par une centaine de pompiers, sans menace pour les habitations. Le sous-préfet la qualifie de « prévisible et anticipée », les sols restant très secs après l’incendie de la mi-juillet (plus de 2 000 hectares).
⚡ En bref
  • Départ le 22 juillet 2026 à Saumos (Gironde), en début d’après-midi, à cause de travaux de débroussaillage menés malgré des conditions météo défavorables.
  • Bilan matériel au 29 juillet : 42 000 hectares brûlés, plus de 240 bâtiments détruits, 88 sapeurs-pompiers blessés. Aucun décès n’a été rapporté.
  • Évacuations cumulées : 220 000 personnes en Gironde et 40 000 dans les Landes, par la route et même par la mer depuis la presqu’île du Cap-Ferret.
  • Le feu landais, entre Biscarrosse et Parentis-en-Born, a été déclaré fixé le 27 juillet au soir. Côté girondin, 4 000 vacanciers de Lacanau ont été évacués préventivement le 28 juillet.
  • Moyens engagés : environ 2 750 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires et 18 aéronefs, dont des Canadair croates et des Air Tractor portugais envoyés en renfort européen.
42 000 ha
surface brûlée — près de quatre fois la superficie de Paris
260 000
personnes évacuées en Gironde et dans les Landes
240+
bâtiments détruits, dont 175 maisons au Porge
88
sapeurs-pompiers blessés depuis le 22 juillet

Une semaine, jour par jour #

Le feu part le mercredi 22 juillet, en début d’après-midi, sur la commune de Saumos, au nord du bassin d’Arcachon. L’origine est accidentelle : des travaux de débroussaillage engagés alors que les conditions — sécheresse des sols, vent, températures élevées — étaient classées défavorables. En fin de journée, 1 400 hectares ont déjà brûlé.

Le 23 juillet, la surface est multipliée par trois : 4 800 hectares, 20 000 personnes évacuées, et le front atteint Lège-Cap-Ferret. Le même jour, un second incendie se déclare dans les Landes, à Biscarrosse, provoqué par un fourgon en flammes.

Le 24 juillet marque l’emballement : 19 000 hectares côté girondin, 110 000 évacuations menées par voie terrestre et maritime, et 42 sapeurs-pompiers blessés en une journée. Le feu progresse alors en direction de Bordeaux.

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Le 25 juillet, on dépasse les 32 000 hectares et les 167 000 évacués. C’est ce jour-là que la commune du Porge perd 175 maisons. Dans les Landes, 198 bâtiments sont détruits.

Le 26 juillet est le pire : 10 000 hectares supplémentaires partent en 24 heures, portant le total à 42 000 hectares. De nouvelles évacuations sont ordonnées à Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas — 55 000 personnes de plus, soit 220 000 au total en Gironde.

Les 27 et 28 juillet, la météo tourne enfin à l’avantage des secours : hygrométrie en hausse, vent plus faible. Les équipes en profitent pour élargir les pare-feux. Le feu landais est déclaré fixé le 27 au soir. Le 28, l’incendie girondin est qualifié de stable, mais une bascule du vent vers l’ouest-nord-ouest conduit à évacuer par précaution 4 000 vacanciers de Lacanau.

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Incendie en Gironde : 4 000 vacanciers évacués préventivement de Lacanau
Incendie en Gironde : 4 000 vacanciers évacués préventivement de Lacanau
« Un feu fixé n’est pas un feu éteint : dans la forêt landaise, l’humus peut couver plusieurs jours sans la moindre flamme visible avant de ressortir. »
— Principe rappelé par les services départementaux d’incendie et de secours à chaque grand feu de pins maritimes

« Stable » ne veut pas dire « éteint » : le vocabulaire des pompiers #

Trois mots reviennent dans les communiqués, et ils ne sont pas synonymes. Un feu est « fixé » quand il ne progresse plus : le périmètre est ceinturé, mais l’intérieur brûle encore. Il est « maîtrisé » quand les lisières sont traitées et que le risque de saut de feu est écarté. Il n’est « éteint » que lorsque plus aucun point chaud ne subsiste — ce qui, dans la forêt landaise, peut prendre des semaines.

La raison tient à la nature du sol. Sous les pins maritimes, l’humus et les racines peuvent couver en profondeur pendant plusieurs jours sans flamme visible. Il suffit d’une reprise de vent pour que le feu ressorte à cinquante mètres du front d’origine. Les secours ont ainsi dû traiter quatorze reprises de feu sur la seule journée du 28 juillet.

C’est pour cette raison que les évacuations préventives comme celle de Lacanau ne sont pas un signe d’aggravation, mais l’inverse : elles anticipent un scénario de bascule du vent que les prévisions permettent désormais d’annoncer plusieurs heures à l’avance.

Comparaison avec 2022 : cinq fois plus d’évacuations #

L’été 2022 avait déjà marqué la Gironde avec les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras, partis tous deux le 12 juillet. Le bilan officiel de la saison 2022 dans le département s’établissait à environ 30 000 hectares brûlés et 50 000 évacuations préventives.

Le feu de 2026 dépasse donc de 40 % la surface de 2022 — et, surtout, il a nécessité plus de cinq fois plus d’évacuations. L’explication tient moins à la violence du feu qu’à sa trajectoire : là où Landiras brûlait un massif forestier peu habité, le front de 2026 s’est dirigé vers le bassin d’Arcachon et le couloir Marcheprime–Cestas, c’est-à-dire vers des zones résidentielles et des campings pleins en plein mois de juillet.

Pour donner une échelle : 42 000 hectares, cela représente près de quatre fois la superficie de Paris intra-muros, ou l’équivalent de 60 000 terrains de football.

Les moyens engagés, français et européens #

Le dispositif est l’un des plus lourds jamais déployés sur un feu de forêt en France.

Le renfort européen est passé par le mécanisme de protection civile de l’Union, qui permet à un État membre débordé de solliciter les flottes des autres pays. Un A400M, un A330 MRTT, un hélicoptère NH90 et un drone Reaper ont également été mobilisés — ce dernier pour la surveillance thermique du front, de nuit, quand les avions bombardiers d’eau sont cloués au sol.

  • Environ 2 500 à 2 750 sapeurs-pompiers, venus de Nouvelle-Aquitaine et d’autres régions
  • 1 500 militaires en appui logistique et de sécurisation
  • Près de 2 940 gendarmes et policiers pour encadrer les évacuations et sécuriser les zones vidées
  • 18 moyens aériens : 7 Canadair français, 2 Canadair croates, 2 Air Tractor portugais, 2 Black Hawk tchèque et slovaque, et divers hélicoptères

Ce qui a rendu ce feu possible #

La sécheresse européenne de 2026 est le facteur de fond. Le déficit de précipitations sur le Sud-Ouest a asséché les sols en profondeur, et les épisodes de forte chaleur se sont enchaînés depuis le mois de mai. Une étude d’attribution publiée en juillet 2026 par le réseau World Weather Attribution relie l’intensité de ces chaleurs au changement climatique.

Le facteur déclenchant, lui, est humain et banal : un chantier de débroussaillage. C’est le paradoxe régulièrement souligné par les services d’incendie — le débroussaillage est une obligation légale de prévention, mais réalisé un jour de risque très sévère, il devient lui-même une source d’ignition par étincelle mécanique. Plusieurs départements interdisent désormais tout travaux avec outil thermique en végétation les jours classés à risque élevé.

Ce mercredi 29 juillet, une nouvelle vague de chaleur s’installe : 16 départements ont été placés en vigilance orange canicule, avec des températures repassant nettement au-dessus de 30 °C dans le Sud-Ouest. La vigilance des secours reste maximale sur les lisières encore chaudes. Jeudi 30 juillet à 6 h, la Gironde et les Landes sont repassées en vigilance verte canicule, avant d’être placées en vigilance jaune orages au bulletin de 16 h.

🎯 À retenir — l’épisode de juillet 2026
Parti le 22 juillet d’un chantier de débroussaillage à Saumos, le mégafeu de Gironde et des Landes a détruit 42 000 hectares et plus de 240 bâtiments, et conduit à évacuer environ 260 000 personnes — cinq fois plus qu’en 2022. Le feu landais est fixé depuis le 27 juillet, le girondin est stable mais toujours actif, avec quatorze reprises traitées le 28 juillet. Au dernier point de situation préfectoral, vendredi 31 juillet à 20 h 30, le feu n’est toujours pas déclaré fixé et la surface reste stable à 42 000 hectares, avec des points chauds actifs le long du littoral et au sud de Lacanau. 198 000 des plus de 220 000 évacués de Gironde ont pu regagner leur domicile, six communes restent évacuées, et la phase de surveillance des lisières va durer encore plusieurs semaines.

Questions fréquentes #

Le feu de Luglon a-t-il repris dans la nuit du 14 au 15 août ?
Oui. Le préfet des Landes Gilles Clavreul a fait savoir que des reprises de feu importantes ont été constatées pendant la nuit de vendredi à samedi au sud de Garein, la commune voisine de Luglon. Une centaine d’habitants de Garein ont été évacués dans la nuit, en plus des 550 personnes évacuées préventivement le jeudi soir. La RD 834 entre Garein et Sabres a été fermée après une saute de feu. Au point préfectoral écrit du 15 août à 9 h, la surface parcourue atteint environ 1 580 hectares ; en fin de journée, le préfet évoque une surface de « 1 580-1 600 hectares », stable depuis le matin (dépêche AFP du 15 août à 20 h 10).
Le feu de Luglon, est-ce le même que le mégafeu de Gironde et des Landes de juillet ?
Non, ce sont deux incendies distincts. Le mégafeu parti de Saumos (Gironde) le 22 juillet 2026 a parcouru 42 000 hectares et entraîné environ 260 000 évacuations. Le feu de Luglon est un départ de feu nouveau, déclaré le jeudi 13 août 2026 dans le nord des Landes, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Biscarrosse. Au dernier point du samedi 15 août au soir, il avait parcouru entre 1 580 et 1 600 hectares selon le préfet des Landes — une surface stable depuis le matin —, soit plus de vingt-cinq fois moins que le mégafeu de juillet. Les deux bilans ne s’additionnent pas.
Le feu de Luglon est-il fixé, maîtrisé ou éteint ce samedi 15 août ?
Aucun des trois. Au soir du samedi 15 août, le préfet Gilles Clavreul déclare à l’AFP : « le feu n’est pas fixé et n’est pas en voie de l’être », tout en indiquant que le feu ne progresse plus, la surface restant stable à « 1 580-1 600 hectares » depuis le matin. Il ajoute qu’« on a bon espoir », si les conditions ne se dégradent pas, que « peut-être demain matin, la situation se présentera mieux ». Ces trois mots ne sont pas synonymes : un feu est fixé quand il ne progresse plus, maîtrisé quand les lisières sont traitées et le risque de saut de feu écarté, et éteint seulement quand plus aucun point chaud ne subsiste. Dans la forêt landaise, l’extinction complète peut prendre des semaines.
Je pars en vacances dans les Landes pour le week-end du 15 août, que dois-je faire ?
Vérifiez d’abord si votre hébergement se situe dans le secteur concerné : le feu touche les communes de Luglon et de Garein, dans le nord du département. Trois routes départementales sont coupées ce samedi 15 août : la RD 327 au nord de Luglon (vers Sabres), la RD 14 au sud (vers Arengosse) et, depuis vendredi soir, la RD 834 entre Garein et Sabres, fermée après une saute de feu ; la déviation passe par Cère, Brocas et Labrit depuis le giratoire de l’Échassier, au nord de Mont-de-Marsan. La préfecture demande d’éviter le secteur. Le littoral landais n’était pas concerné par ces coupures le 15 août au matin, mais les journées des 14, 15 et 16 août y sont classées à risque maximal pour les courants de baïnes. Ne composez le 18 ou le 112 que si vous constatez un danger manifeste ou un départ de feu : le centre d’appels d’urgence est déjà saturé par les signalements d’odeurs de fumée.

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